En pleine polémique sur l’égalité salariale, le président de la Fédération américaine démissionne

LE SCAN SPORT – Carlos Cordeiro, président de la Fédération américaine de football (US Soccer), a démissionné jeudi après des arguments polémiques sur l’égalité salariale entre joueurs et joueuses de sélection nationale

En poste depuis 2018, le président de l’US Soccer Carlos Cordeiro, a annoncé sa démission sur son compte Twitter. Sa décision s’explique par la polémique suscitée par les arguments de la Fédération pour refuser l’égalité salariale entre l’équipe féminine et l’équipe masculine des Etats-Unis. «Les arguments et les termes employés dans le document déposé devant les tribunaux cette semaine ont fortement offensé et peiné, en particulier les joueuses de notre équipe nationale féminine, qui méritent mieux. C’était inacceptable et inexcusable», a-t-il écrit sur Twitter.

En effet, dans un document produit dans le cadre du procès entre l’instance et l’équipe féminine des Etats-Unis qui demandent l’égalité salariale, la Fédération avait affirmé que jouer devant des foules hostiles au Mexique et en Amérique centrale justifie que l’équipe masculine soit traitée différemment de son homologue féminine. Elle avait également souligné que le travail d’un joueur de football masculin «comporte plus de responsabilités au sein du football américain que celui d’une joueuse».

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les joueuses américaines jouaient le dernier match de la SheBelieves Cup, un tournoi amical disputé chaque année au mois de mars, face au Japon (3-1). Lors de l’hymne américain, les joueuses avaient mis leur maillot à l’envers pour cacher le logo de l’US Soccer en réponse aux propos tenus par la Fédération. «La misogynie et le sexisme flagrants utilisés comme argument contre nous, c’est vraiment décevant», avait déclaré Megan Rapinoe, la superstar de Team USA.

En 2019, 28 joueuses de l’équipe nationale féminine des Etats-Unis, dont les grandes stars Alex Morgan ou encore Carli Lloyd, avaient déposé un recours collectif contre la Fédération US Soccer, estimant être victimes de discriminations en termes de salaires et de conditions de travail face à leurs homologues masculins, malgré de meilleurs résultats : 5,3 millions de dollars de primes pour avoir atteint les huitièmes de finale de Coupe du monde 2014 pour les hommes, «seulement» 1,7 millions de dollars pour les femmes qui ont remporté le titre mondial pour la troisième fois en 2015. Un procès entre les deux parties devrait donc s’ouvrir le 5 mai prochain à Los Angeles.